Ma Sarah

Consolation

J’ai chez moi un p’tit chat

Qui s’appelle Solal

Quand il se lève au matin

Il se creuse un canal

Entre le mur et moi

Bien au chaud dans mon lit

Au début il dit rien

Il se fait tout petit

Puis le voilà qui miaule

Comme un réveil-matin

Il ronronne, il grésille

Et il tape dans ses mains

Mais laisse-moi donc dormir

Je lui dis en grognant

Il répond c’est le vent

Qui te réveille maman

Ah So là là la la la si

Si j’avais su plus tôt

Quelle consola-la-tion

Je trouverais en chantant ton nom

J’aurais solalisé dès l’âge de 15 ans

Ma  noire solitude

Pour en faire un enfant

 

J’ai chez moi un p’tit ch’val

Qui s’appelle Solal

Quand il rue dans son lit

Je l’engueule et il râle

Il va bouder tout seul

Sur le dos d’un chacal

Puis s’envole d’un vol

De libellule spatiale

Il se perche sur la table

Plante son doigt dans le beurre

Puis dans l’ miel puis dans l’sucre

Enfin dans mon café

Il me dit déso-so-lé

Maman t’es sympa mais

Mais un pur sang Solal

ça aime pas tes morales

 

J’ai chez moi un poisson

Qui s’appelle Solal

Il décolle au savon

Dans sa baignoire navale

Danse dans les bas-fonds

Chante des chants de sirène

Fais l’bateau sur le dos

Se gonfle comme une baleine

Et saute tel un dauphin

Tout à coup hors du bain

Glisse sur le shampooing

Se ramasse sur la dalle

Tremble des pieds à la tête

En disant même pas mal

Ses larmes il les ravale

Même pas mal même pas mal

 

Et quand parfois

Des épines dans la voix sans me regarder

il me demande tout bas

Et toi Maman

Et toi dis-moi

 

Est-ce que tu vas

Toi aussi t’envoler dans le ciel pour toujours ce s’ra quand dis-moi…

Quand qu’ tu partiras dans le monde du

N’importe quoi où paraît qu’y a même pas d’téléphone

Pour appeler ton p’tit gars

 

N’y compte pas mon petit chat

On m’a d’jà fait l’coup à moi

Les Mamans qui s’défilent

C’est pas mon genre d’ nana

 

J’partirai pas avant

D’avoir fait de toi un grand

Pas avant qu’ tu m’aies dit

Bon sang lâche-moi Maman

Et va, va, va...

Le vin vert

Les années passent, les pensées paressent
Le temps se lasse et lasse nos ivresses
Un soir de pluie et de novembre froid
Au bar des saisons soudain je te vois

 

Devant toi posé là ton livre ouvert
Et dans ta main un verre de vin vert
Oh je connais ce goût de regard clair
Noyé dans le gris de cernes amères

 

Ta jambe gauche lasse repliée
Comme un vieux rêve de chair fatigué
Ne tremble plus sous le poids oublié
Depuis tant et tant et tant d’hivers

 

Ton cou sans baisers reçus ni volés
Ton corps de gisant tes lèvres usées
A compter compter le compte insensé
De tant de jours chaque nuit plus amers

 

Tu disais aime-moi aime-moi
Aime-moi comme si c’était la première fois
Comme à l’âge où on ne sait rien
Moi je ne sais rien, de rien, aime-moi bien


Tes yeux noyés offerts à ciel ouvert
Notre amour mort nageant entre les verres
Ivre de vin saturée de chimères
Je te vois qui me vois le cœur me serre


Je te vois qui me vois te voir à l’envers
Dans ce miroir brisé au mur de pierre
Je te vois qui me tiens et qui me serre
Dans le feu salé de tes yeux bleu verts

 

Ah mon amour ta peau tendre en reflet
Dans le miroir de nouveau c’est la guerre
L’aveu de trop, le geste de travers
Trop tard c’est fait je reviens en arrière


Ta jambe gauche pliée repliée
De tout son poids sur ma hanche pesait
Comme une chaîne une prison de chair
Tu ne partiras plus ma douce-amère


Et tu m’aimeras, oui tu m’aimeras
Comme si c’était la dernière fois
Comme si on savait tout déjà
Moi j’en sais assez, cette fois, tais-toi, aime-moi bien


Contre ton cœur entre tes mains le temps se perd le verre se brise
Entre mes mains ton cœur se serre se noie le temps se brise
Tombe la pluie et les hivers le temps file et se perd
Se noie se tord et remonte à l’envers

Alors je t’ai aimé, je t’ai aimé
Comme si c’était la première fois
Et c’était la dernière fois
Je t’ai aimé, enfin, comme tu voulais, comme ça


Les années passent et les pensées paressent
Les souvenirs s’effacent les années restent
Un soir de pluie et de novembre froid
Au bar des saisons moi je pense à toi.

Quand tu partiras

Quand tu partiras
Quand tu partiras
Quand tu partiras n'oublie pas
Eteindre la lumière
Refermer le frigo

N'oublie pas de me laisser un mot



Un mot pour me dire voilà,
Je pars ne m’attends pas
Oui le soleil est haut
Le ciel encore plus haut

Va chercher le petit
à l'école, 
le repas
est prêt dans le frigo
et aussi n'oublie pas


Ce rendez-vous qu'il a
chez le médecin il a

Mal au genou tu sais
Faut pas laisser traîner ça


Je pars oui le soleil
est monté dans le ciel
il est midi je pars
ce soir ne m’attends pas


Je sens qu’on m’appelle
Le soleil est haut
Le ciel encore plus haut

Quand tu partiras
Quand tu partiras
Il fera noir et beau

Je me dirai c’est bon
Oh j’en ai eu assez
J’en ai, j’en ai eu trop


Quand tu partiras
Il fera noir et beau
Dans le ciel entre nous
Mon coeur partira

Peut-on vivre sans coeur ?
Non on ne peut pas
Moi je vivrai de te
Chercher

Dans le ciel noir et beau

Sous le vent chaud seule avec toi

Sous nous le zinc penché des toits

Plus bas la ville sans horizon

et les murs nus de ta prison

Encore plus bas les plaines vertes

Tu dis c’est loin on ne les voit pas

Mais je le sais moi qu’elles sont vertes

Les vastes plaines à l’horizon

 

La nuit nous cerne et le vent souffle

Il nous déshabille l’air de rien

Tu me regardes tu ne dis rien

 La tempête approche et tu souffles

 

Orage mon eau rage

Crève-moi mon cœur

Fonds-moi ce nuage

Qu’enfin ça crie, ça pleure

Orage mon eau rage

Noyade en eaux sages

Je ne sais quel orage

Soulagera

Ton cœur

Tu me retiens entre tes bras

Je veux partir mais tu ne veux pas

Tu me serres tu mords mes cheveux

Tu voudrais qu’il pleuve je voudrais que

Tu pleures,  l’ombre gagne

les plaines succombent le vert se meurt

Tu dis le noir c’est ma couleur

Moi je suffoque dans tes mèches blondes

 

Et je tourne autour de toi

Nous montons lentement

Par degrés l’escalier géant

J’ai le vertige, attends, attends,

 

Orage mon eau rage...

 

Déjà je pleure mais c’est en vain

L’orage approche il nous tient

Tu souffres et tu me serres plus fort

Tu souffles un souffle de je t’adore

Je t’adore je te quitte voilà

je t’aime je te quitte je ne peux pas

plus je te tiens plus je te perds

je ne peux pas t’aimer comme ça

 

Tu m’as manqué depuis toujours

Tu me manques même quand tu es là

Tu me manques, tu me manques, tu me manques

Dis moi est-ce que c’est ça l’amour

 

Orage mon eau rage...

Eau rage

Le verre brisé

Tu t'ouvres

Tu te fermes

C'est pas juste

C'est comme ça

Tu te prends

A mon piège

Pieds et poings liés

Tu te soumets

Tu te révoltes et tu me frappes

Et tu te perds, non c'est pas juste

Mais c'est la vie, et c'est comme ça

Tu es le verre brisé mille fois

La miette infime, le verre, l'éclat

A ce mariage brisé mille fois recommencé

Chaque jour de ta vie l'intime mariage

De toi à toi brisé, brisé, mille fois

Le vase brisé qui chante encore

sous l'éclat cru de sous mes doigts

Je te caresse et toi tu chantes

Ta note claire, blessée, à vif

Saignante, saignée, mais pourtant juste

Va savoir

Quelle harmonie te tient au corps

Toi qui n'es plus

Que fragment de fragment de fragment de fragment de fragment de fragment de fragment de fragment

De toi

Que j'ai aimé

Faire chanter

Dessous mes doigts

Oh j'ai aimé

Te faire chanter

Dessous mes doigts

Oh chante, chante

Toutes tes facettes

Toutes tes brisures

Tous tes éclats

Mon amour rude

Brisé mille fois

Toi qui me saignes

A chaque note

A chaque pas

Chante à l'envers

Chante sous moi

Toute ta matière

Brisée mille fois

Que je te tienne

Que je t'entende

Que je te serre

Entre mes doigts

Que je te prenne

Et te rassemble

Et que je t'aime

Encore une fois

Toi, mille miettes, mille feux, mille éclats

Chante-moi

Paris

Paris, rendez-vous midi,
Rue de Rivoli je te cherche, il n’est pas midi
Tu n’es pas d’ici mais tu sais
Qu’à Paris la loi
Est de n’être pas là à l’heure le quart d’heure parisien la politesse des
Rois, rue du Cherche-midi,
C’est déjà midi je te cherche, à Paris la pluie
Fait pleurer les murs et les pavés de pierre où l’on glisse où l’on boit jusqu’à la lie
Les retards qui n’en sont pas


C’est déjà loin midi,
Tu n’es pas venu, j’erre à travers mon beau Paris
Sans avoir le cœur d’y mourir, rue de Paradis
Je croise un homme qui te ressemble au paradis des comme si moi je le suis, dans les beaux quartiers,
Les mégots fumés jetés encore entiers parfois
Trempés d’eau de pluie s’amoncellent à la bouche du métro Courcelles certains
écrasés, d’autres pas


Je voudrais être une cigarette allumée vive à la bouche d’un fumeur des bas quartiers qu’il me consomme, me fume et me consume jusqu’au bout que de moi,
Il ne reste que ça
Que de moi il ne reste rien qu’un mégot calciné, une ombre partie faire son chemin de fumée dans la gorge et le sang d’un vieil homme drogué,
Etre une
Parmi des milliers


Paris, le jour est fini
La nuit noire a séché la pluie, gare du Nord j’essuie
De mes cheveux mouillés les grilles au-dessus des trains
Je rêve qu’un autre que toi me soulève contre le fer entre ses mains
Barbès se réveille
Et les beaux quartiers s’ensommeillent
A chacun sa came
A chacun sa minute de joie contre argent sonnant et trébuchant à chacun son faux pas


Minuit, au métro Anvers
Dans un grand café vert, un grand verre de thé
Des fritures de la bière et de la fumée
Qui monte et qui se cogne au plafond à quoi bon elle ne sort jamais

Le plafond est bas

Les joueurs ont lancés le dé, c’est trop tard déjà
A travers l’eau blanche des chichas
Les hommes de Paris fument leurs larmes et les femmes nous regardent de travers


Je voudrais être une cigarette allumée vive à la bouche d’un fumeur des bas quartiers qu’il me consomme, me fume et me consume jusqu’au bout que de moi,
Il ne reste que ça,
Que de moi il ne reste rien qu’un mégot calciné
Une ombre partie faire son chemin de fumée
Dans la gorge et le sang d’un vieil homme drogué,
Etre une
Parmi des milliers

Mignonne

Vos pieds nus sur ma poitrine

Entre nous une ombrelle

Sur votre gorge serrée

Un bouquet d'ombelles

Vous disiez je ne sais pas

Je ne suis pas sûre de vous

Pas sûre de moi

Pas sûre du ciel

La passion de votre lèvre écarlate m'a-t-elle

Planté au coeur une certitude éternelle

Moi je ne sais qu'une chose

Embrassez-moi ma belle

Pour l'amour de

Moi et du Ciel

Si vous avez peur des chagrins d'amour, ma cruelle

Des baisers sans lendemain oubliez le miel

Et plantez-vous dans le coeur

Une ombrelle éternelle

Entre vous et moi et le ciel

Mais quand vous serez bien vieille le soir à la chandelle

Dans votre gorge serrée s'apaisera-t-elle

La pensée de vos amants

Les baisers fous de vous

La rose épineuse du temps

La Claire Fontaine

A la claire fontaine

M'en allant promener mes nuits

J'ai trouvé l'eau si belle

Que je t'y ai écrit

Un mot un seul lequel

Le monde n'en saura rien

La surface rebelle 

L'a noyé sous ma main

Je jette dans la plaine

Mon coeur tes mots d'amour aussi

Que le vent les entraîne

Vers d'autres paradis

Que l'encre bleue s'envole

Et morde les nuages

Qu'ils s'écrivent au ciel

Tes poèmes sauvages

Il y a longtemps que je t'aime, même si

Je ne t'oublierai jamais, même si

Sur mes tapis de laine

Le temps s'endort et je t'écris

Chante rossignol chante

Dans ton vert paradis

Un arc en ciel de nuit

Comme un sirop d'orage

Nous a pris en otage

Toi là-bas moi ici

Il y a longtemps que je t'aime, même si

Je ne t'oublierai jamais, même si

Voyage oh mon amour

Moi je ne bouge pas d'ici

Dans la promesse épaisse

De notre paradis

Que veux-tu, que je laisse

L'énigme de ma vie

Mourir en silence est-ce

Ainsi que l'on oublie

Oublie-moi mais n'oublie

Pas le goût de l'eau claire, et si

Tu m'aimes comme je t'aime

Aime le monde aussi

Ni plus ni moins le même

Tu reviendras demain

A la claire fontaine

Te noyer sous ma main

Dans cette gamme sans

Bémol aucun il y a
Entre le sol et le la

Un ré et puis un mi
Qui l’air de rien m’ont mis
Une drôle de mélodie
En tête et sur les bras
Un drôle de petit gars
Qui répond quand il veut au nom mélodieux de Jérémie

 

Jérémie dans son nom a
Bien cachée une joie
Qu’on ne peut pas goûter
Sauf si on est comme lui
Un mélange bienheureux
D’eau de blé et de feu
Un pain doré, un enfant de mie


Sur les lèvres un vernis
D’arabe et d’hébreu
Et dans les hanches un peu
de Tunisie

Un soupçon de Venise
Dans le roux des cheveux
Et dans ses yeux le ciel bleu ciel du ciel gris de Paris


Je te regarde comme
Si je n’t’avais pas fait
Et est-ce vraiment vrai
Que c’est moi qui t’ai fait
En vrai je ne sais pas
Tant j’aime tout de toi
Tant je t’aime sans façon
Tant je t’aime comme jamais
Je ne m’aime moi-même
Dis-moi le secret
Fais-moi la leçon
Du haut de tes deux ans
Du haut de tes trois pas et demi, même pas

Jérémie n’est pas a -
-moureux de sa maman
Plus que du moindr’ brin de
Fille qui passe par là
Moi je lui cours après
Pour qu’il me donne un peu
De ses baisers plus doux
Que le vin quand il veut
Donne-moi la vie que je
T’ai donnée donne-moi

De quoi me priver de toi

Prive-moi du plaisir de manquer de toi, tue-moi
Sous le coup tendre de chacun de tes pas

L'enfant de mie

  • w-facebook
  • w-youtube

2018 par Sarah HIrschmuller