POEMES ET COURTS TEXTES

L'interminable battement

Il me met la main sur l’épaule. Pourquoi n’aurions-nous pas droit à cela. Nous ne nous verrons plus. Une fois, une seule, un vrai au revoir, sans faire de manières. Une étreinte véritable, sans comment ni pourquoi, sans se demander si, ou si, maternelle, fraternelle, amoureuse, érotique, rituelle, politesse, désir, rien de tout cela, une étreinte pour reconnaître le bien que nos corps se sont faits l’un à l’autre, du seul fait de s’être reconnus l’un l’autre et du seul fait de s’être souhaités si souvent l’un à côté de l’autre, l’un et l’autre côte à côte dans la paix de notre présence ensemble, une étreinte justement pour ce plaisir et cette reconnaissance, cette égalité, cette communauté que nous sommes devenus l’un à l’autre. 
Sans vertige, sans éclat, avec amour. Sans plaisir, sans frisson, plutôt comme un lent, un interminable battement de cœur, plutôt comme une descente en nous, entre nous, une lente descente dans le puits intérieur qui est entre nous et dont nous devons bien reconnaître ensemble, au contact l’un de l’autre, la profondeur insoupçonnée. Nos deux cœurs dans le même puits. L’interminable battement. 

Qui m'a mise là ?

 

 

Oh mais qui m’a mise là

 

Qui m’a fait venir ici sans me sanctifier

 

Sans sainteté sans un regard sur moi

 

Mise là pour rien parce que j’y étais déjà

 

Prise pour argent comptant prise pour quoi

 

Sans me dire ni me dévorer des yeux

 

Pour me dévorer en douce comme un bien mal acquis

 

Dont on jouit en secret en vitesse dans la cave

 

Et dont on dissimule le reste inexorable

 

Aux yeux curieux des passants de dehors

 

Qui, qui m’a mise là

 

Au monde pour que je n’y sois pas

 

Moi-même mais quelqu’un d’autre qui n’existe pas

 

Et dont je dois chaque jour décliner le nom faussé

 

Chaque jour de ma vie et même sur ma tombe

 

Je le déclinerai encore comme un nom qu’on ne saura jamais par cœur

 

Et qu’on ne dira jamais sans crainte de se tromper, de se trahir

 

Et cette autre lignée secrète dont je viens et que je trompe chaque fois que je décline

 

Les lettres bien rangées de mon nom de faussaire

 

Fossoyeur avant l’heure de mon nom véritable

 

Qui m’a mise là oh ma mère quel père

 

Qui ne me reconnaît pas que je ne connais pas

 

C’est un silence intime où je trébuche chaque fois

 

Je suis voilée d’un voile qu’on ne soulève pas

 

D’un voile qui voile plus sûrement qu’aucun voile visible

 

D’un voile transparent, d’un voile qu’on ne voit pas.

 

Qui m’a mise là ? Serait-ce moi-même ? Non, cela ne se peut pas.

 

Qui m'a mise là ?​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

 

 

Ne pas

Comme si je faisais la fête toute seule.

 

La fête, c'est bien, seul, c'est étrange. Ce n'est pas normal. Ce n'est pas bien. Sentiment d'avoir invité tout le monde mais personne ne vient. Est-ce encore une fête ? Que faire de tous ces plats, ces verres, ces alcools, cette abondance apprêtée et que je ne pourrai décemment consommer seule ? J'erre désolée à travers les nappes blanches et les serviettes en papier, sous les décorations puériles dont j'ai cru de bon ton d'orner le plafond.

 

J'aime si profondément cet endroit, pourquoi est-ce que personne ne vient ? Ne suis-je pas parvenue à convaincre le monde de sa beauté ? Pourquoi suis-je seule à désirer si fort y séjourner ? Aurais-je fait une erreur sur chaque adresse de ma liste d'invités ? Une centaine d'erreurs ? Ou serait-ce que je vous aurais invités en rêve, mes amis, et qu'il n'y aurait au fond pas tant à s'étonner de ce qu'une invitation envoyée en rêve ne vous soit en réalité jamais parvenue.

 

Mais est-ce donc que je confonds quand je rêve et quand, comment dire, le reste ? Est-ce que je ne fais plus la différence ? Ou est-ce que je n'ai jamais été moi-même qu'un songe qui se prend pour une réalité ? Le vague fantôme d'une fille morte il y a longtemps qui se prend tout à coup pour une princesse bien en chair qui soupèse ses bijoux, se mire dans la glace dans sa robe de bal, active l'intendance, fait son bordel pour que sa fête soit la plus belle fête à laquelle ses amis auront jamais été invités ?

 

Est-ce que je suis un fantôme ? Est-ce qu'on me voit quand je me vois ? Est-ce que nous n'avons pas les mêmes yeux, vous et moi ? Et si vous ne me voyez pas, comment se fait-il que vous n'en disiez rien, que vous affectiez de me voir, me prenant au piège de mon propre désir, moi qui ne rêve que d'être vue de vous ?

 

Je vous sens embarrassés et perplexes, comme les parents quand ils doivent avouer à leur enfant une vérité dérangeante, parfois bénigne, parfois pas. Comme le fait le père Noël n'existe pas, ou que la mort existe. C'est embêtant de mettre fin au rêve d'un autre, à son hallucination, à son espoir. C'est un sale rôle que de dire non, mon enfant, tu croyais ceci, mais en fait c'est cela. On préfère laisser l'enfant rêver le plus longtemps possible. Mais plus il rêve, plus il croit, et gare à la chute quand on le dément, le dément.

 

Oh mon amour, si tu ne trouvais jamais ce que tu cherches ? Ma petite amour, si ce que tu cherches n'existait pas ? Ou plus justement, n'existait plus ? Si tu le savais bien, que ce que tu cherches n'existe plus, mais tu continues à chercher, à faire comme si, par loyauté, par inertie, par lâcheté, par bêtise, par manque d'amour pour toi-même, par hasard. Tu prends des airs de princesse qui aura son heure, mais quelque chose de trouble dans ton regard dit que tu sais que tu mens, tu le sais, alors pour qui fais-tu tout ce cirque ? Quel enfant ne veux-tu pas trahir, détromper, démentir, faire chuter ? Qui est là, qui n'est pas assez fort pour endurer je ne sais quelle réalité où tu rêves, entends-moi bien, tu rêves d'atterrir, tu rêves, tu rêves d'être une et ici et nulle part ailleurs, tu rêves qu'il n'y ait pas d'ailleurs, tu rêves de ne plus rêver, tu rêves d'être contente ici sans ailleurs, tu rêves d'entrer dans le sol et de t'y confondre, tu rêves de mourir pour de bon, tu crois que vivre est mourir, tu crois que vivre pour de bon est mourir, tu ne veux pas d'une vie qui lutte contre la mort, tu n'en veux pas, elle te tue, tu préfères mourir vivante que mourir presque morte déjà, tu est complètement folle et tu fais la raisonnable, tu es inadaptée et tu t'adaptes, tu rêves de t'adapter mais tu ne peux pas, mais qui est là, qui joue la partie, qui rend les choses si compliquées, qu'est-ce que cette tête compliquée qui m'a été donnée, qui perçoit tout, qui pèse le pour le contre et les combinatoires infinies de conséquences que chaque choix implique ?

 

Tu voudrais être une, seule et simple, dans ton jardin. Posée par terre. Etre prise, puis relâchée. Soignée. Ne pas t'occuper. Etre à disposition. N'être que là n'être rien d'autre. Ne pas créer. Ne pas fabriquer des mondes à la con. Etre l'objet d'un autre - tu sais de qui, mais tu n'oses pas dire. Etre intégralement, dans toutes les dimensions de toi-même, l'objet du désir et du soin d'un autre. Etre le rêve incarné d'un autre. Ne pas être quelqu'un. Ne pas être toi-même. Ne pas te taper tout ce bordel d'être soi, avancer, changer, grandir, être autonome, se battre, vivre, tu n'as jamais voulu de ça, on t'a contrainte, forcée, tu te retrouves là contrainte et forcée et ayant toi-même contribué à consolider les murs pourtant fragile, au départ, de ta prison. Ne rien pouvoir. N'être rien. Un souffle. Servir. Aimer. Ne pas. 

Les racines

Certains matins elle se réveillait alertée, furieuse, pleine d'un ressentiment serré et profond, qui visait à la racine même des choses.

Car c'est là qu'elle se trouvait piégée, au sortir d'une nuit de rêves épais, prise dans les racines, discutant les sens de toute vie dans le brouillard serré et profond des branches souterraines d'un grand arbre de la bienveillance duquel elle n'avait pourtant jamais douté, avant.

Elle demandait de l'air. L'arbre lui opposait son foutu mutisme d'arbre - ils ne savent pas parler. Elle se battait contre les racines, tous ses visages se fondaient dans la terre épaisse.

Oh mon arbre, pourquoi me tiens-tu serrée là, dans ta ramée de sous la terre, ce n'est pas ma place. Je ne suis pas un ver de terre, je ne suis pas une taupe, je te dis que ce n'est pas ma place. Je suis pour là-haut. Prends-moi dans tes branches d'en haut. Je voudrais dormir allongée sur ta branche, en haut, le ventre contre la branche, les jambes enlacées à toi, te serrer de mes bras, ma joue pressée contre l'écorce, je ne demanderai plus rien, je resterai là comme une partie de toi-même, comme une qui a enfin trouvé sa place et qui n'a plus besoin d'être elle-même, je vivrai de toi et je me donnerai à toi pour toujours. Ton parasite, et un de tes innombrables coeurs battants. 

Mais le grand arbre muet la tenait serrée dans l'immobilité radicale de sa ramure sous-terraine et tout en haut secouant ses lourdes branches dans le vent, sous le vol hasardeux de minuscules bêtes à plumes, celles qui jamais n'ont revendiqué la moindre place dans le monde et de ce fait ont reçu en partage, sans conteste, la meilleure.

 

Le soleil dans ton dos

Tu t'avances vers la nuit

Tu avances et elle fuit

C'est étrange

Tu cours plus vite

D'ordinaire c'est elle qui vient à toi

Ca chauffe dans ton dos, une chaleur sentimentale. C'est tendre. Ce n'est pas cuisant.

Devant toi la pénombre violette

Qui pour une fois te fuit.

Tu rêves d'un goût de nuit noire où te perdre, où être dévorée

Mais non.La lueur est instable, violette. Elle ne veut pas se prononcer. Elle s'éloigne, elle te fuit. 

 

La caresse du soleil toute sa paume tiède sur ton dos, à te dire : ne t'obstine pas. Tu feins de l'ignorer, tu t'obstines, c'est ainsi.

Tu veux ton heure, ton plongeon, ton immersion et ta perte.

La lueur au loin n'est plus qu'un filet d'encre pâle, elle tourne, maintenant blanche, verte.C'est l'aube là-bas, le point du jour. Tu ne l'avais pas reconnu.

Comment aurais-tu pu le reconnaître, le jour, avec cette grand main de soleil crépusculaire qui te cherche, là, dans le dos, et qui te dit :Soleil devant, soleil derrière, arrête-toi donc ici. Tu es bien. 

 

Soleils

Entre les plis

Entre les plis de mon âme il y a de minces lames de métal qui vibrent graves quand le vent souffle lentement. Des éclats de verre translucides, le vent les pousse, ils font des formes, le vent les presse et les émousse, on croirait du sable, un sable doux sous le pas, on croirait ça. Mais si on marche par erreur sur mon âme, ils crissent, ils geignent, et ils échardent sans prévenir la chair tendre de vos pas. Il y a un rayon vert un truc comme ça, je ne l'ai jamais vu mais je sais qu'il est là. Parfois quelqu'un qui frappe, souvent je n'ouvre pas. Parfois j'ose demander : qui est là ? Parfois j'ouvre, parfois on me force. Une fois j'ai ouvert par erreur, c'était la mer. Ah, je vous dis, l'erreur à ne pas faire. Une eau bleue chargée de sel et de poussières de rochers a déferlé sans limite dans ma chambre. L'eau bleue s'est infiltrée entre toutes mes lames. Parfois j'ouvre les fenêtre, j'essaie de sécher ça. Je voudrais la tenter, cette eau, qu'elle se laisse emporter par le soleil, qu'elle l'aime et le suive, qu'elle s'évapore, qu'elle me déserte, qu'elle me lâche. Mais rien ne la séduit jamais cette folle, sauf moi, on dirait.

Ainsi je vais d'eau et de métal trempée, tailladée, noyée, et j'appelle le soleil pour qu'il entre - lui n'est jamais venu encore frapper à ma porte, s'il frappait, je n'aurais pas la bêtise de demander "Qui est là". 

C'est à croire que seul le vent m'aime, parfois. Il entre, et il me fait chanter - parfois j'ouvre, parfois il me force. Et moi où suis-je ? Entre les lames, sous le sable, entre les eaux, je ne suis qu'un des replis obscurs de mon âme, un insignifiant ingrédient de moi-même. 

Le puits

Penchée lourdement ployée sur la profondeur du puits, elle cherche à distinguer une image qui ne lui parvient pas. 
Elle a tout oublié des données qui lui permettraient de mener jusqu’à son terme, jusqu’à son résultat, le calcul dont elle sait pourtant qu’il serait seul à même de l’apaiser. Diamètre du puits, hauteur de l’eau dans le puits, intensité de la lumière, nature de sa pénétration, compliquée par le voyage croisé des rayons le long des parois de roche noire jusqu’à la surface invisible de l’eau. Elle continue pourtant de chercher, comme si l’idée d’un calcul possible, simplement empêché par tant d’inconnues, lui était une consolation provisoire. 
Il faudrait qu’il pleuve, et que l’eau remonte. Il faudrait que l’eau remonte et que l’image, exposant au ciel pluvieux sa face criblée, se dissolve et s’annule d’elle-même à l’instant exact du débordement.

Moi et les fous

Les fous, je les repère à 200 mètres. Plus par beau temps, et si la rue est droite. 200, 300 mètres. Une distance telle, qui aurait l'idée d'aller regarder si loin ? Moi j'y vais, voir, si loin, si j'y suis.

Si par malheur je tombe sur un fou, alors je change de trottoir, oui, bien avant l'éventualité de notre rencontre - car qui sait s'il va tourner à droite, à gauche, ou continuer son chemin, ou s'il ne va pas lui aussi changer de trottoir pour venir demander du feu à la nana d'en face ? Le plus tôt possible, comme si de rien n'était, je dévie. 

Car le fou me terrifie. C'est une terreur. J'ai peur, si je passe dans sa sphère, qu'il ne m'absorbe. J'ai peur que son cerveau de fou, alerte et sensible, ne perçoive la disponibilité du mien, sa nature d'éponge, son envie de le boire, de lui dire : viens. J'ai peur d'être en train de l'appeler sans conscience aucune de le faire. J'ai peur qu'il ne me reconnaisse pour ce que je suis : une des siens. Et qu'il ne me dise comme ils disent toujours : viens, viens, reviens.

Alors je change de trottoir, je prends un air normal, dégagé. Je prends l'air de celle qui n'a jamais entendu parler de rien, celle à qui on n'adresserait pour rien au monde la parole. Car si je le croisais de trop près, est-ce qu'il ne m'attirerait pas à coup sûr, comme le trou noir attire à lui, irréversiblement, quiconque pénètre le bord le plus extrême de son champ de gravité ?

Et c'est inquiétant de ne pas savoir ce qui m'attire, et que tel un trou noir, chaque fois le fou me dise : qui je suis ? Tu le sauras quand tu seras à l'intérieur. Mais avant, non, tu n'auras rien, rien, rien de moi. Allez, viens.

​Âme soeur

Depuis cet espace silencieux où rien ne me vient que ma propre voix, je t'écris à nouveau, pour te dire cette chose toute simple.

Une part de moi est restée chez toi, quelque part chez toi, entre tes mains, et tu la tiens, et tu ne la lâches pas. Et moi, je ne sais comment la retrouver. Je ne sais comment retrouver cette soeur de mon âme-soeur qui est moi, et que tu gardes tenue entre tes mains, dans le secret d'un foyer où je n'ai plus droit d'aller, pas même en ton absence. Elle me manque. Je la cherche. 

Est-ce que c'est ça, l'amour ? 

Et si tu te demandes : mais, de qui parle-t-elle ?

Et si tu oses penser : mais c'est à moi qu'elle parle.

Et si tu oses t'avouer que cette question te brûle, alors sache le, oui, c'est bien de toi, et à toi.

La fille des limbes

 
 

On n’écrit qu’avec le coeur de son coeur, cet endroit de moi-même où la femme en moi tient serré en elle un homme, tenu serré, personnel, bien que dépourvu de visage et de nom. Et cet homme c’est elle-même quand à minuit et dans la solitude de son lit elle se donne à elle-même comme un autre à soi-même et là, dans le silence confondant de sa pensée, elle s’approche comme une chose demeurée longtemps étrangère et que l’on a rêvé d’ouvrir entre ses mains et dont on a rêvé de posséder le coeur dénudé par les mouvements contradictoires de ses propres mains. Et je suis enserrée en moi-même comme un noyau dur et compact qui se perd sous un amas de feuilles, il faudrait une infinité de mouvements prodigués par deux mains contradictoires pour mettre à nu cette chose enfouie qui devrait bien me ressembler, s’il était permis d’y regarder de près. Que ferais-tu, pauvre petite chose dure et durement étreinte, si tu te découvrais parfaitement non ressemblante, différant de toi-même comme seuls savent différer ces frères de sang qui se ressemblent si peu que l’on met en doute la bonne foi de leur mère commune ?

 Le vieil étologue pleurait, dans la salle de classe éclairée au néon, la petite grive jaune des étangs de l’Ardèche — dont le chant mélodieux n’avait jamais profité qu’en imagination aux rares savants ayant consulté le livre. Il riait dans ses larmes. « Elle n’a pas beaucoup vécu, la pauvre tourterelle. Nous sommes peut-être cinq sur cette terre à nous être penchés sur son existence. » Il montre obstinément la gravure sertie de texte serré, opaque, en latin. Un oiseau petit, commun, sur sa branche de cerisier en fleur, se détachant sur le ciel bleu sans dommage des rêves de l’homme. « A-t-elle jamais existé ? » Le vieil homme se plie de douleur, il porte le deuil de celle qui n’est jamais née. « Si petite, si jolie, si jaune. Pourquoi pas elle ? Pourquoi pas elle ? »

Nous, ses deux élèves respectueux et muets, nous échangeons un regard d’intelligence. Nous pensons, jeunes ignorants, que c’est faire oeuvre de néant que de déplorer l’inexistence du néant, si belles en soit les vaines couleurs.

L'oeuvre du néant
 
 
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2018 par Sarah HIrschmuller