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Orphée aphone

Mis à jour : 18 mars 2019



photo © Marie Pétry

Chanter, c'est ça.

Perdre la voix, c'est ça.

Perdre quelqu'un, c'est ça.

Retrouver la voix, c'est ça.

Ne jamais retrouver quelqu'un, c'est ça.

Ne plus jamais être soi-même, c'est ça.

Embrasser et perdre en même temps, c'est ça.

Consentir à perdre, tuer pour perdre, d'un regard, regarder la disparition en face, en prendre acte, voir qu'il n'y a plus rien à voir, le voir vraiment, détourner le regard, ne plus vouloir voir, enfin, c'est ça.

Lâcher ses morts, c'est ça.

Mourir avec, c'est ça.

N'être plus personne, c'est ça.

Etre néanmoins, c'est ça.

Continuer d'être quand on n'est plus personne, c'est ça.

La beauté, c'est ça.

Sortir des enfers, c'est ça.

C'est sortir de l'illusion que l'amour finit avec la vie.

L'amour ne finit pas.

Et parce que l'amour ne finit pas,

Parce que l'amour s'obstine à nous indiquer les contours de ce qui n'est pas mort,

Parce que l'amour nous oblige à continuer à regarder, dans le noir,

Alors qu'on a renoncé à toute vision,

Parce que l'amour nous contraint à détourer encore les contours invisibles de ce qui n'est pas mort,

Alors,

La vie ne finit pas.



photo © Marie Pétry

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2018 par Sarah HIrschmuller